Passeport vaccinal et itinérance : le PDG James Hughes soulève des préoccupations

Le 1er septembre 2021, le passeport vaccinal relatif à la COVID-19 sera mis en œuvre au Québec. James Hughes, notre président et chef de la direction, a donné son opinion à ce sujet dans une lettre ouverte publiée le 26 juillet par La Presse+.

Cliquez ici pour lire en entier ce texte intitulé Passeport vaccinal : dans le respect des droits des personnes sans-abri.

CTV News a également publié une version de la lettre en anglais sur son site Web.

James Hughes a accordé plusieurs entrevues aux médias pour souligner que bien des personnes en situation d’itinérance n’ont toujours pas été vaccinées. Il résume certaines des raisons justifiant leur refus ou leurs réticences face au vaccin : la peur des interactions néfastes avec d’autres médicaments en est une; la méfiance envers les assurances gouvernementales que le vaccin est sûr et efficace en est une autre.

« Aucune de ces réactions n’est illégitime ou déraisonnable lorsqu’on se rappelle les expériences difficiles que beaucoup de ces personnes ont vécues (et continuent de vivre) au sein du système de santé québécois », affirme James Hughes. Il avance que les organisations qui fournissent des services aux personnes sans-abri, comme la Mission Old Brewery, représentent « le filet de sécurité sociale sous le filet de sécurité sociale, offrant des services et un soutien à ceux que les institutions publiques n’ont pas pris en charge ou ont complètement oubliés. »

La Mission Old Brewery n’est ni pour ni contre le passeport vaccinal proposé par le gouvernement du Québec. Alors que la mise en œuvre de ce passeport approche, cependant, James Hughes mentionne deux éléments qui suscitent des inquiétudes.

La définition des services essentiels et non essentiels

Le logement, sous toutes ses formes, ne semble pas actuellement figurer sur la liste des services essentiels qu’a dressée le gouvernement provincial. Différents types de logement, qu’il s’agisse d’hébergement temporaire, de logement transitoire ou permanent, devraient être ajoutés à la liste des services essentiels, et ce, sans équivoque. Sans cela, les personnes sans-abri risquent de se voir refuser le droit de visiter un logement potentiel ou de ne pas pouvoir signer un bail, simplement parce qu’elles n’ont pas le passeport vaccinal.

L’accès aux espaces publics

Deuxièmement, les personnes qui vivent une situation d’itinérance chronique se déplacent beaucoup. Nombre d’entre elles cherchent refuge et sécurité dans les espaces publics, qu’il s’agisse d’une station de métro, d’un parc, du portail d’un immeuble vacant, ou d’autres endroits. Ces espaces seront-ils présumés ne pas être essentiels, ce qui exigerait un passeport vaccinal pour y accéder ?

Il est crucial que les autorités soient claires et précises dans toutes les lois et tous les règlements pour protéger le droit des hommes, des femmes et des personnes transgenres sans-abri d’utiliser ces endroits.

James Hughes conclut en disant que « [c]e serait le comble de l’ironie si le passeport vaccinal finissait par devenir un obstacle qui empêche les personnes en situation d’itinérance d’exercer légitimement l’un de leurs droits. »

Visionnez l’entrevue de James Hughes sur CTV News, par la reporter émérite Caroline Van Vlaardingen : Why vaccine passports could pose problem for homeless living on Montreal’s streets (vidéo en anglais)

Pour aider les hommes et les femmes qui vivent dans l’itinérance à avoir accès à des services en matière de logement, de santé et d’aide psychosocial, faites un don, ou devenez membre de notre équipe !