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Les femmes en situation d’itinérance ont besoin de soutien et d’accès au logement

10 mai 2021
Neila Ben Ayed

Article adapté d’une lettre ouverte écrite par Neila Ben Ayed, directrice des Services aux femmes. Lisez la lettre en entier sur le site de La Presse ou sur le site de CTV News (en anglais).

En 1968, Coretta Scott King a organisé une manifestation à l’occasion de la fête des Mères, dans le but de sensibiliser les gens au sort des femmes et des enfants défavorisés. Alors que cette fête en l’honneur des mères vient de passer, il est regrettable que les femmes à faible revenu, et particulièrement les mères célibataires, soient toujours confrontées à d’énormes obstacles lorsque vient le temps de trouver un logement sûr et abordable.

Les femmes sont les premières victimes de la pénurie de logements, et cela est particulièrement vrai lorsqu’elles sont pauvres, immigrantes, âgées, handicapées ou autochtones. Avec la fermeture prochaine des abris d’urgence temporaires, aucun doute ne subsiste : nous verrons bientôt de plus en plus de femmes sans-abri frapper à la porte de nos Services aux femmes ou s’installer dans des camps de fortune.

Un manque de soutien pour les femmes

Chaque année, nous accueillons près de 600 femmes. Bien qu’elles soient toutes issues de milieux différents et qu’elles aient des histoires de vie différentes, elles ont toutes deux choses en commun : elles n’ont pas de réseau de soutien et elles ont un besoin urgent d’un endroit où vivre. La crise sanitaire actuelle a encore empiré leur situation.

Voici un petit aperçu du calvaire des femmes qui se tournent vers nous pour obtenir de l’aide :

Fatima venait tout juste d’arriver au Québec quand elle a trouvé un emploi dans une usine et y a attrapé la COVID-19. Elle a dû se mettre en quarantaine. Après un épisode de violence conjugale, la police l’a reconduite jusqu’à notre Pavillon Patricia Mackenzie. Elle parle peu français et n’a aucun réseau de soutien.

Marie, 60 ans, vient de subir des traitements de chimiothérapie. Hospitalisée, elle n’a pas pu payer son loyer. Son propriétaire voulait procéder à des rénovations majeures et elle a été forcée de partir. N’ayant personne vers qui se tourner, elle s’est retrouvée à la rue avant de finalement se rendre au Pavillon Patricia Mackenzie.

Chaque jour, nous accueillons des femmes sans-abri comme Marie et Fatima. Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le loyer mensuel médian pour un petit appartement à Montréal est de 702 $, ce qui laisse à ces femmes pas plus d’une trentaine de dollars pour payer leur nourriture, leurs biens essentiels et leur facture d’électricité.

Nos services aux femmes

Le Pavillon Patricia Mackenzie (PMP) est le quartier général de nos services aux femmes. Nous offrons cependant de nombreux services complémentaires dans nos différents pavillons et programmes, dont chacun a une mission particulière et s’adresse à une clientèle différente.

En 2019-2020, à la Mission :

  • 536 femmes ont fait appel à nos services
  • 283 femmes ont utilisé nos ressources pour la première fois
  • 486 femmes ont passé au moins une nuit dans nos services d’urgence
  • 167 femmes se sont jointes aux programmes de transition Étape et Étape+
  • 41 femmes ont participé au programme de santé mentale PRISM
  • 36 femmes sont passées au programme Les Voisines du PMP
  • 30 femmes ont été logées par l’entremise des Voisines dans la communauté
  • 15 femmes ont été logées à la Maison des Voisines de Lanaudière

Avec la pandémie, les femmes qui vivaient au jour le jour sont maintenant au bord du gouffre, et nous avons plus que jamais besoin de votre aide.

Veuillez faire un don

Un appel à la solidarité

Les femmes ne sont pas immunisées contre les injustices systémiques. Sans issue, les femmes dans les refuges resteront prises au piège des cycles infernaux de l’itinérance. Comme société, nous avons la responsabilité d’y mettre fin.

Le gouvernement du Québec a récemment annoncé un financement de 223 millions de dollars pour prévenir la violence faite aux femmes. Mais il faudra en faire bien davantage pour aider les femmes les plus vulnérables de la société à sortir du cycle de la pauvreté, de la violence et de l’itinérance. Un logement adéquat et un salaire permettant de vivre (les femmes gagnent en moyenne 16 % de moins que les hommes) doivent constituer des droits fondamentaux.

Tout en sachant que ces services essentiels fonctionnent bien au-delà de leur capacité, le gouvernement continue de sous-financer les ressources d’urgence pour les femmes sans abri. Au Pavillon Patricia Mackenzie, par exemple, nous obtenons environ 13 $ par lit par nuit ; pour répondre adéquatement aux besoins des femmes qui se tournent vers nous pour de l’aide, il faudrait en réalité sept fois cette somme.

Des solutions existent pourtant, comme les programmes de relogement rapide. Au cours des 6 derniers mois, malgré la crise du logement et la pandémie, nous avons réussi à trouver des appartements pour 60 femmes en situation d’itinérance.

 

Avec le soutien de la collectivité et du gouvernement, nous pouvons faire une différence, car aucune femme n’a jamais été prédestinée à finir dans la rue.

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