Relations entre policiers et personnes sans-abri : faire tomber les barrières

En janvier 2017, Jimmy Cloutier – qui luttait contre une grave maladie mentale – abattu à proximité de l’enceinte de la Mission. Cet incident tragique a servi de catalyseur pour le partenariat collaboratif entre la Mission Old Brewery et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui vise à améliorer les relations entre les policiers et les personnes itinérantes.

Matthew Pearce, le président et chef de la direction de la Mission, a joué un rôle clé dans les discussions qui ont permis de mettre sur pied ce partenariat. « Un événement comme la mort de Jimmy Cloutier est inacceptable. Nous avons réfléchi à ce que nous pouvions faire, à titre d’organisation qui intervient chaque jour auprès des personnes itinérantes et qui a pour mission de leur offrir des services les aidant à se sortir de l’itinérance dans la plus grande dignité. Partager notre expérience auprès des personnes itinérantes avec les policiers du SPVM, qui les côtoient régulièrement dans l’espace public, est une bonne façon de nous améliorer collectivement », affirme-t-il.

Depuis 4 ans, les employés de la Mission offrent de la formation continue aux recrues policières. L’année dernière seulement, 880 nouvelles recrues ont suivi des ateliers de sensibilisation et développé une meilleure compréhension des réalités auxquelles font face les personnes en situation d’itinérance à Montréal. Cette collaboration est essentielle non seulement pour éviter des situations comme celle ayant mené à la mort de Jimmy Cloutier, mais aussi pour améliorer les relations de façon générale. Elle aide également la police à agir comme un réseau de référence dans les rues afin de promouvoir diverses ressources aux personnes itinérantes, comme la Mission.

En finir avec les barrières

Les officiers du SPVM se rassemblent plusieurs fois par année pour servir des centaines de repas à la Mission dans le cadre de notre programme l’Expérience d’un souper. Cette initiative permet de briser les barrières entre les policiers et les personnes itinérantes dans une ambiance positive et informelle. Le 3 février, le chef de police Stéphane Caron a servi le repas à l’invitation de l’ancien chef de police et député provincial Ian Lafrenière. Le ministre Lionel Carmant, la journaliste de La Presse Katia Gagnon, le reporter de TVA Jean-François Guérin, le lieutenant-colonel Bruno Plourde et le colonel honoraire Colin Robinson ont également servi des repas lors de ce souper.

Le lieutenant-colonel Bruno Plourde, le colonel honoraire Colin Robinson, la directrice des services du Campus Saint-Laurent de la Mission Old Brewery, Émilie Fortier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Lionel Carmant, le président et chef de la direction de la Mission, Matthew Pearce, le député Ian Lafrenière, le journaliste du réseau TVA, Jean-François Guérin, la journaliste de La Presse, Katia Gagnon et des bénévoles d’Ian Lafrenière, provenant de la circonscription de Vachon.

 Chaque année, autour de la Saint-Valentin, Ian Lafrenière en profite pour marquer l’occasion en invitant des personnalités provenant de divers milieux à servir le repas. « J’aime inviter des gens qu’on ne s’attend pas à voir ensemble et je les contamine avec une bonne dose d’optimisme, explique-t-il. En les conviant à l’intérieur des murs de la Mission, j’ai espoir qu’ils pourront témoigner de l’itinérance d’une autre façon que l’image qu’on peut s’en faire de l’extérieur. J’aimerais que ça remette en question leur perception de l’itinérance et éventuellement, que ça les aide dans leur travail. »

Le groupe de personnalités publiques, d’officiers en uniforme et de membres des forces armées a piqué l’intérêt de ceux qui bénéficiaient des repas à la cafétéria du Campus Saint-Laurent ce soir-là. « Le fait que des policiers et des élus soient ici pour servir des repas, ça doit vouloir dire qu’ils pensent à nous. Mais je me demande s’ils en font encore assez pour aider les personnes à se sortir de la rue », remarque Rui, qui espère trouver un logement abordable avec le soutien des services de la Mission.

Un changement positif

L’équipe de recherche de la Mission travaille actuellement avec l’Université de Toronto à évaluer leur modèle de formation et à en comprendre les impacts afin de guider les futures formations.

« Nous n’avons pas encore de données sur l’impact de notre collaboration, mais mon équipe et moi avons déjà remarqué une amélioration dans les rapports entre la police et notre clientèle, qui sont beaucoup plus positifs, constructifs et respectueux », explique la directrice des services du Campus Saint-Laurent, Émilie Fortier. « Maintenant, les policiers affectés au centre-ville de Montréal nous connaissent. Ils sont beaucoup plus enclins à proposer nos services aux gens qu’ils rencontrent dans la rue », ajoute-t-elle.

Regardant vers l’avant, nous continuerons à travailler pour faire tomber les barrières entre la Mission, le SPVM et ceux qui vivent l’itinérance.