…et s’il suffisait de « Trois pas de plus » pour mettre fin à l’itinérance à Montréal

Lettre ouverte signée par un collectif d’organismes membres du Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal : Accueil Bonneau, Cap St-Barnabé, Care Montréal, Le Chaînon, Maison du Père, Mission Bon Accueil, Mission Old Brewery, Projets autochtones du Québec. 

 

La pandémie nous a fourni l’occasion d’unir nos forces. Ensemble, nous proposons des solutions pour améliorer l’accès et la trajectoire de services permettant aux personnes en situation d’itinérance ou à risque de l’être de se sortir de la rue ou d’éviter de s’y retrouver.  Aujourd’hui, nous invitons l’ensemble des acteurs et des organismes concernés à emboîter le pas vers une lutte efficace à l’itinérance à Montréal. Tout en nous inscrivant en phase avec les programmes gouvernementaux, nous sommes d’avis qu’un niveau de coordination supérieur est requis entre les divers paliers de gouvernement et ministères et les nombreux acteurs sur le terrain, notamment au niveau des financements.  

 

Notre vision commune repose sur les principes et objectifs suivants : 

 

  • reconnaissance des expertises individuelles et collectives en tant qu’organismes spécialisés en itinérance et de la contribution de ces expertises à un continuum de services; 
  • accès à des services adaptés pour des personnes et des groupes qui présentent des besoins particuliers (femmes, transgenres, autochtones, malades chroniques, troubles mentaux et\ou dépendances, vieillissement précoce, aînés, etc.); 
  • consolidation des partenariats avec le réseau de la Santé et des Services sociaux, les instances municipales et les organismes communautaires du milieu; 
  • accélération de l’accès à un domicile via l’assouplissement des critères d’admissibilité en logement subventionné, en coordination avec les mesures d’accompagnement psychosocial et communautaire, et ce, peu importe le modèle offert par les organismes partenaires.  

 

Cette vision, qui requiert des financements coordonnés et pérennes, repose sur trois piliers essentiels et interdépendants, ou Trois pas de plus, soit :  

 

  1. Financer en priorité les services d’accueil et de ré-affiliation, et ce, toute l’année, sur une base 24/7 et, donc, cesser d’agir strictement en réaction à l’urgence avec des financements de dernière minute et de courte durée, sans garantie de renouvellement (Vous référer à ce que nous proposions avec Un pas de plus); 
  1. Financer et accompagner 2250 personnes en logement sur cinq ans. Des mesures soutenues en ce sens permettront, d’une part, de désengorger les services d’urgence et, d’autre part, de réaliser des économies de deniers publics supérieurs aux coûts des solutions que nous proposons; et 
  1. Créer et implanter un système d’accueil coordonné permettant, entre autres, de répondre aux besoins en matière de logement ou d’hébergement adapté en collaboration avec l’ensemble des partenaires. 

 

 

Les solutions que nous proposons n’ont rien d’irréaliste : nous les avons déjà expérimentées avec succès. Pensons aux quelques 625 personnes qui ont obtenu un logement et de l’accompagnement dans le cadre des phases 1,2 et 3 de Projet logement Montréal (PLM) depuis 2016 et aux 177 autres personnes qui, par le biais du programme Bienvenue mis en place depuis le début de la pandémie au Royal-Victoria, à la Place-Dupuis et à l’Hôtel-Dieu, ont également trouvé et conservé un logement dans près de 90% des cas. Il en va de même pour les personnes logées et accompagnées par plusieurs de nos organismes et d’autres.  

 

En somme, Trois pas de plus est un appel à la volonté des différents paliers politiques et gouvernementaux de rendre disponibles, par des programmes concertés, les conditions gagnantes décrites par les trois piliers proposés, et ce, pour mettre à profit les expériences Individuelles et collectives des organismes au service d’une trajectoire efficace de prévention et d’accueil, de ré-affiliation sociale et d’accompagnement en logement. 

 

Bien sûr, il continuera de survenir des situations d’urgence qui nous demanderont d’être agiles, mais celles-ci ne doivent plus faire dévier l’évolution de nos services vers une trajectoire efficiente. 

 

Nous devons impérativement, et sans plus tarder, nous donner les moyens de nos ambitions pour accélérer la cadence dans un effort concerté et coordonné, à tous les niveaux, pour mettre fin à l’itinérance à Montréal.